Contamination alimentaire des bovins NAIF atteints d'ESB. Etudes complémentaires sur la période de distribution des aliments composés aux bovins et sur le rôle des aliments pour volailles
Nathalie Jarrige, Christian Ducrot, Géraldine Cazeau, Eric Morignat et Didier Calavas
Résumé:
Une étude cas/témoins [Jarrige et al., soumis] a mis en évidence la consommation d'aliments concentrés par les bovins pendant leurs deux premières années de vie, comme principale source de contamination des cas d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) nés après l'interdiction des farines animales en France en 1990 (cas dits NAIF). Dans une moindre mesure la consommation de lactoremplaceur par les bovins et l'achat d'aliments du commerce pour volailles dans ces exploitations étaient aussi associés à l'ESB. En utilisant les mêmes données d'enquête, deux études complémentaires ont été menées, l'une prenant en compte les différentes périodes possibles de contamination des bovins, l'autre restreignant l'échantillon d'étude aux exploitations où des volailles étaient présentes. Un modèle de régression logistique conditionnelle a été utilisé, prenant en compte la taille de l'atelier bovin et le type de production des bovins. Cette étude montre que la consommation d'aliments composés par les bovins est significativement à risque s'ils sont consommés avant l'âge de deux ans (OR=7,8 [1,4-45,3]) ou s'ils sont consommés à la fois avant et après deux ans (OR=6,8 [1,2-37,9]). En revanche, la consommation d'aliments composés uniquement après l'âge de deux ans n'apparaît pas significativement à risque. Par ailleurs, dans les exploitations ayant des volailles, l'achat d'aliments du commerce pour ces espèces est aussi significativement associé à l'occurrence de l'ESB (OR=3,9 [1,1-13,7]).
Mots-clé: Fièvre catarrhale ovine, France, Méditerranée, Surveillance épidémiologique