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RESERVOIR (d’un agent pathogène biologique)

RESERVOIR (d’un agent pathogène biologique) (angl. reservoir ; maintenance host) (esp. reservorio) (ital. serbatoio) (portug. reservatório) (roum. rezervor)

               Entité assurant la conservation d'un agent pathogène biologique, considéré en tant qu'espèce, et sa fourniture aux sujets réceptifs.

              Exemples : le sol pour Bacillus anthracis ; le sanglier pour le virus de la maladie d’Aujeszky ; des ornithodores et le phacochère pour le virus de la peste porcine africaine…

              Remarque 1 : par définition, pour chaque agent pathogène biologique, il existe ce que l’on appelle un réservoir car, sinon, cet agent pathogène aurait disparu (en tant qu’espèce). Il peut s'agir du milieu ambiant (réservoir hydro-tellurique), d'une population monospécifique (une seule espèce réservoir) ou d'un complexe d'espèces en interaction au sein d'un écosystème. Dans ce dernier cas, la perpétuation de l’agent pathogène peut être dépendante de l’intervention combinée de deux espèces (exemple : le phacochère et un ornithodore pour la peste porcine africaine) ou assurée par deux (ou davantage) réservoirs capables chacun de jouer isolément ce rôle (exemple : les bovins et des espèces sauvages pour la tuberculose à Mycobacterium bovis, cf. ci-dessous).

                Remarque 2 : la conservation est assurée soit par la survie de l'agent pathogène pendant de longues périodes (exemple : spores de Bacillus anthracis dans le sol), soit par sa multiplication au sein d'hôtes successifs, dans des conditions permettant sa transmission. Dans ce dernier cas, le taux de reproduction de base (R0) est supérieur à ou de l’ordre de 1.

                  Remarque 3 : pour une même espèce d'agent pathogène biologique, il peut exister des réservoirs différents selon les conditions du milieu, dans la même région ou dans des régions différentes.

Ainsi, pour l'espèce virus rabique, il existe dans le monde différentes espèces animales qui, selon les régions, jouent le rôle de réservoir : chien (Afrique, Asie), renard roux (Vulpes vulpes) (est de l'Europe), vampire roux (Desmondus rotondus) (Amérique centrale et du sud), petite mangouste indienne (Herpestes auropunctatus) (Caraïbes)...

Pour la tuberculose bovine (Mycobacterium bovis), l'espèce réservoir universelle est l’espèce bovine. Dans certaines régions, d’autres espèces peuvent jouer le rôle de réservoir : le possum ou phalanger renard (Trichosurus vulpecula) en Nouvelle-Zélande, le cerf à queue blanche (Odocoileus virginianus) au Michigan (Etats-Unis), le buffle africain (Syncerus caffer) en Australie et le blaireau européen (Meles meles) en Angleterre et en Irlande….Enfin, certaines espèces animales ne peuvent jouer un rôle de réservoir pour cet agent pathogène que si leur densité de population est très élevée : le daim rouge (Cervus elaphus), le grand koudou (Tragelaphus strepsiceros), le phacochère (Phacochoerus aethiopicus) et le putois (Mustela putorius).

                Remarque 4 : pour un agent biologique pathogène pour une seule espèce hôte, la fonction de réservoir est assurée par une circulation au sein de cette espèce. Dans ces conditions, des actions prophylactiques généralisées peuvent conduire à une éradication de la maladie (exemple : la variole humaine). Pour des maladies touchant des espèces domestiques et plusieurs espèces sauvages (complexes à hôtes sauvages multiples comme la tuberculose à Mycobacterium bovis), il peut être difficile de connaître la nature exacte du rôle joué par chacune des espèces sauvages dans la circulation et la conservation de l’agent pathogène : réservoir vrai ou espèce dont l’infection dépend de la présence d’un réservoir. Certains auteurs qualifient de réservoir secondaire une espèce qui, dans une région donnée, ne peut assurer la conservation d’un agent pathogène que dans la mesure où elle co-existe avec un réservoir vrai (qualifié par ces auteurs de réservoir primaire). Pour des maladies à hôtes multiples, la fonction de réservoir résulte des valeurs (souvent inconnues ou difficiles à déterminer) des taux de reproduction de base (R0) intra-espèce et inter-espèces des espèces impliquées. L’une des espèces peut, à elle seule, assurer cette fonction (le phalanger renard pour la tuberculose à Mycobacterium bovis en Nouvelle-Zélande), d’autres espèces y contribuant par une diffusion dans l’espace (le porc sauvage dans cet exemple) ou une conservation dans le temps (le cerf dans cet exemple). Dans ce genre de situation complexe, le rôle de chaque espèce peut évoluer au cours du temps et on peut penser qu’à certaines périodes, aucune espèce à elle seule n’assure la fonction de réservoir mais que celle-ci résulte du cumul des différents R0 (intra et inte-espèces) des espèces atteintes.

                    Remarque 5 : un plan de lutte qui ne s’appliquerait pas au réservoir d’une maladie, ne permettrait pas d’obtenir l’éradication de cette maladie. Dans des maladies à multiples hôtes sauvages, dans des situations complexes pour lesquelles le rôle de chaque espèce dans la circulation et la conservation d’un agent pathogène biologique est mal connu, la détermination des mesures de lutte optimales est difficile ; les résultats de l’évolution de l’incidence de la maladie dans chaque espèce animale peuvent, a posteriori, renseigner sur ce rôle.

                    Voir R0