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BARRIERE D’ESPECE

BARRIERE D’ESPECE (angl. species barrier) (esp. barrera de especie) (ital. barriera di specie) (portug. barreira de espécie) (roum. barieră de specie)

            Concept découlant de la réceptivité à un agent pathogène biologique, mais plus récent, conduisant à distinguer les espèces (animales ou végétales) réceptives à un tel agent, des espèces résistantes, en utilisant l’image d’un obstacle hypothétique et symbolique (barrière) qui protégerait ces dernières.

            Exemple : les oiseaux ne sont pas réceptifs au virus de la peste porcine classique. Ce virus est donc considéré comme incapable de franchir la « barrière » constituée par chaque espèce d’oiseau.

            Remarque 1 : la taille de la liste des espèces réceptives à un agent pathogène biologique donné, c’est-à-dire des espèces qui permettent la multiplication ou le développement de cet agent pathogène, en cas de contact avec lui, est très variable en fonction de l’identité  de l’agent pathogène : le spectre des espèces réceptives à un agent pathogène donné peut aller de quelques unités à plusieurs centaines.

            Remarque 2 : pour un agent pathogène donné, les espèces réceptives peuvent être distinguées en fonction de leur fréquence d’exposition à l’agent pathogène :

            *exposition fréquente dans les conditions naturelles (hôte habituel),

            *exposition accidentelle dans les conditions naturelles (hôte occasionnel),

            *exposition uniquement en conditions expérimentales (animal de laboratoire).

La notion de barrière d’espèce est indépendante de la fréquence d’exposition. Ainsi, les virus de l’influenza aviaire circulent habituellement chez diverses espèces aviaires, mais on sait qu’ils peuvent infecter l’Homme. Il en est de même pour les virus de l’influenza porcin chez le porc. La rareté des cas humains d’infection par des virus grippaux aviaires ou porcins n’est pas due à une barrière d’espèce mais à une plus faible fréquence d’exposition de l’Homme à des virus circulant intensément dans des populations aviaires ou porcines.

            Remarque 3 : parmi les espèces réceptives à un agent pathogène biologique, on peut distinguer celles qui permettent la transmission de l’agent et celles qui, en général, ne le permettent pas. Exemple de la maladie d’Aujeszky :

            *espèces réceptives dans les conditions naturelles, permettant la transmission de ce virus : porc, sanglier…

            *espèces réceptives dans les conditions naturelles, ne permettant pas la transmission du virus (« cul-de-sac épidémiologique ») : chien, chat, ruminants, cheval…

            *espèces réceptives dans des conditions expérimentales, ne permettant pas la transmission du virus : souris, lapin…

La notion de barrière d’espèce est indépendante de la capacité à retransmettre l’agent pathogène. En effet, elle ne porte pas sur la capacité à transmettre l’agent pathogène mais sur celle d’être capable d’en assurer la multiplication ou le développement. Il n’y a pas de barrière d’espèce pour le chien le chat, les ruminants, la souris, le lapin…vis-à-vis du virus de la maladie d’Aujeszky.

            Remarque 4 : l’ancienneté de la connaissance des caractéristiques du pouvoir pathogène de l’agent biologique considéré est également à prendre en compte. Pour un agent pathogène connu depuis très longtemps, on dispose de la liste des espèces réceptives (conditions naturelles et conditions expérimentales) et, par complément, de celle des espèces considérées comme résistantes (barrière d’espèce). En revanche, pour un agent pathogène émergent, la liste des espèces réceptives n’est établie que progressivement. Ainsi, pour l’encéphalopathie spongiforme bovine, il a fallu attendre plusieurs années avant de savoir que l’espèce humaine était réceptive. Dans ces conditions, il ne saurait être question de « franchissement de la barrière d’espèce ». Pour l’infection récemment identifiée, due au virus Schmallenberg,les informations disponibles jusqu’à présent laissent à penser que l’Homme devrait faire partie de la liste des espèces résistantes (barrière d’espèce).

            Remarque 5 : en résumé, on peut (ne devrait) évoquer le concept de barrière d’espèce (que) pour une espèce identifiée depuis longtemps comme résistant à un agent pathogène donné. La notion corollaire de « franchissement de barrière d’espèce » ne devrait être utilisée que pour des souches de cet agent pathogène devenue capables de se multiplier ou de se développer chez des sujets de cette espèce.

            Voir réceptivité, franchissement de la barrière d’espèce.