Mars 2018 : Coralie Lupo vous parle de l'article « People matter in animal disease surveillance: Challenges and opportunities for the aquaculture sector » de Brugere et al.

Chaque mois, un membre de l’AEEMA met en avant un article scientifique de son choix. photo Coralie Lupo

Ce mois-ci, Coralie Lupo, vétérinaire épidémiologiste à l’IFREMER, vous propose l’article «People matter in animal disease surveillance: Challenges and opportunities for the aquaculture sector » écrit par CBrugere et al. et publié dans Aquaculture en 2017.

Cet article est disponible ici.

 

Pouvez-vous nous résumer brièvement l’article ?

Cet article est une revue de la littérature des facteurs humains et institutionnels conditionnant l’efficacité et la durabilité de la surveillance épidémiologique événementielle/syndromique, appliquée aux productions animales aquacoles.

Une première partie passe en revue les défis de la surveillance épidémiologique en milieu aquatique. Une deuxième partie recense les facteurs humains qui influencent la détection des maladies et leur déclaration par les éleveurs et par les institutions, et conditionnent ainsi l’efficacité d’un système de surveillance. Dans une troisième partie, pour améliorer l’efficacité des systèmes de surveillance en aquaculture, les auteurs proposent d’orienter les recherches vers la compréhension des freins et des leviers à l’implication des éleveurs et des institutions dans la surveillance syndromique, plutôt que de multiplier les recherches technologiques sur les outils de collecte ou de traitement des données de surveillance. Ils militent pour une intégration des sciences sociales, économiques et institutionnelles dans les réflexions relatives au développement de systèmes de surveillance épidémiologique efficaces et fonctionnant sur le long terme.

 

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant cet article ?

J’ai eu envie d’aiguiser la curiosité des membres de l’AEEMA pour le monde aquatique, peu représenté dans notre association à ce jour, dans le cadre connu de l’épidémiosurveillance et partagé par de nombreux membres de l’AEEMA. J’ai voulu illustrer la similitude des concepts de l’épidémiosurveillance des productions animales terrestres et aquacoles. La surveillance événementielle des mortalités d’animaux est l’un des piliers de la surveillance épidémiologique en milieu aquatique. Elle nécessite une grande réactivité et la coopération de tous les acteurs pour limiter rapidement la diffusion des maladies.

Cet article est une revue de la littérature sur la nécessité de prendre en compte les facteurs humains et les relations entre les acteurs de la surveillance des maladies animales pour construire un système de surveillance efficace et durable. J’ai apprécié la mise en garde des auteurs sur la facilité à se laisser aveugler par les outils et les technologies au détriment de la compréhension des comportements individuels et des relations entre les acteurs, car cet écueil est malheureusement souvent rencontré et pourrait expliquer la faible sensibilité de plusieurs systèmes de surveillance. Dans le cadre d’une politique publique de plus en plus axée sur la prévention des risques plutôt que sur leur gestion, cette intégration des sciences humaines et sociales dans le développement des systèmes d’épidémiosurveillance me semble être un enjeu majeur, quelle que soit la production animale ciblée.

 

Y a-t-il des points abordés dans l’article qui vous ont laissé perplexe ou que vous auriez aimé voir plus développés ?

Non

 

Merci à Coralie Lupo ( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ) pour sa contribution.

Vous aussi souhaitez proposer un article scientifique pour cette rubrique ? Consultez les recommandations et envoyez-nous votre contribution.

A noter qu’il n’y a pas de comité de lecture pour cette rubrique et que le contenu n’engage que le contributeur du mois.

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