Janvier 2017 : Didier Calavas vous parle de l'article "Epidemiology of Human Anthrax in China, 1955−2014" de Li et al.

Chaque mois, un membre de l’AEEMA met en avant un article scientifique de son choix. Photo DC

 

Ce mois-ci, Didier Calavas, chef de l'unité Epidémiologie de l’Anses Lyon, vous propose «Epidemiology of Human Anthrax in China, 1955−2014» écrit par Yu Li et ses collaborateurs et publié dans «Emerging Infectious Diseases» en décembre 2016.

 

Cet article est disponible ici.

 

Pouvez-vous nous résumer brièvement l’article ?

L’article analyse 120 111 cas humains de fièvre charbonneuse répertoriés via le dispositif de surveillance passive entre 1955 et 2014 en Chine. Il décrit les distributions temporelle, saisonnière et démographique des cas humains depuis 1995, avec un focus sur la période 2005-2014.

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant cet article ?

Cet article remet les idées en place sur l’épidémiologie de la fièvre charbonneuse chez l’Homme : 97,7 % des cas rapportés au cours de la période 2005-2014 étaient des cas cutanés résultant d’un contact avec les animaux/cadavres ; la létalité (case fatality rate) a été de 3,6 % au cours de cette période, essentiellement due à des formes intestinales suite à la consommation de viandes charbonneuses (la létalité pour les formes cutanées soignées par antibiotiques est inférieure à 1 %). De manière intéressante, aucun cas de contamination aérienne n’est rapporté depuis 2005. Par rapport aux années 1980, les auteurs ont constaté que les cas humains liés aux activités industrielles (cuirs et peaux) sont aujourd’hui marginaux, alors qu’ils étaient majoritaires auparavant, et que les cas chez les éleveurs et personnes au contact des animaux représentant aujourd’hui la très grande majorité des cas (86,7 % pour la période 2005-2014).

Y-a-t-il des points abordés dans l’article qui vous ont laissé perplexe ou que vous auriez aimé voir plus développés ?

L’article analyse des données de surveillance événementielle et reconnaît honnêtement les limites et biais liés à ce type de données. Quoi qu’il en soit les analyses et enseignements qui en sont tirés sont pertinents et utiles.


Merci à Didier Calavas ( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ) pour sa contribution.

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A noter qu’il n’y a pas de comité de lecture pour cette rubrique et que le contenu n’engage que le contributeur du mois.