1989-15 Texte complet

 

Editorial

Toma (B)

 

Utilisation des indicateurs de santé pour l'évaluation quantitative du niveau sanitaire des élevages porcins commercialisant des reproducteurs

Madec (F) & Tillon (J-P)

Une étude épidémiologique est conduite dans un groupe de 205 élevages porcins commercialisant des reproducteurs avec pour objectif de bâtir un protocole d'évaluation de leur état de santé et d'estimer le risque sanitaire encouru par les éventuels acheteurs. Ce dernier point est d'appréhension difficile et seule une estimation indirecte est tentée. Le protocole proposé et appelé "Bilan Sanitaire Approfondi" comporte une visite clinique détaillée, l'analyse des résultats techniques, des examens d'organes à l'abattoir ainsi que des recherches de laboratoire à partir de divers prélèvements : prises de sang (truies et porcs en croissance), fèces, porcelets sacrifiés. Le dépouillement statistique des données a débouché sur la sélection d'une combinaison d'indicateurs de santé pertinents permettant de réaliser une typologie des élevages. Un index de santé synthétique simple permet une évaluation quantitative du niveau sanitaire.

 

Objectifs principaux et stratégie de l'enquête écopathologique « Bretagne » sur la vache laitière

Faye (B), Barnouin (J) & Lescourret (F)

L’évaluation de l'enquête écopathologique continue (1978-1982) a débouché sur la conception de l'enquête écopathologique « Bretagne » (qui a démarré en 1986) sur des bases méthodologiques sensiblement renouvelées. D'abord au plan des objectifs qui visent :

- D'une part, moins â la description des situations pathologiques observées dans des élevages laitiers caractérisés par une grande diversité géo-climatique et technico-économique, qu'à l'approche de la dynamique sanitaire dans le cadre d'exploitations intensifiées par une prise en compte plus circonstanciée des biographies sanitaires des individus vaches dans leur période de plus grande sensibilité aux désordres biologiques (post-partum)

- D'autre part à la focalisation de l'observation sur une strate d'exploitants, caractérisée par un système d'élevage homogène tant par ses situations spatiales comparables que par ses caractéristiques de production, visant ainsi à mettre en évidence des facteurs de risque sanitaire propres à un type de troupeau, concrétisant la tendance lourde de l'élevage laitier français.

Ensuite, au plan de la stratégie, qui privilégie l'enregistrement en continu des observations, s'appuie sur des enquêteurs techniciens des Services Vétérinaires assurant un passage régulier dans les élevages, un retour interactif des résultats d'analyses et de notations diverses et une appropriation dynamique du traitement de l'information.

 

Utilisation du questionnaire d'opinion pour l'établissement de données comportementales dans les enquêtes d'écopathologie

Luquet (F) & Desaymard (F)

L'intérêt d'une étude du comportement des éleveurs en écopathologie est multiple : l'éleveur est un élément important de l'environnement de l'animal, facteur de variation dans les résultats techniques des élevages ; sa connaissance améliore la qualité des autres données d'enquête ; enfin, l'éleveur est le point de passage obligé pour l'utilisation sur le terrain des résultats des recherches en écopathologie. Dans l'approche de la "donnée éleveur", la technique du "questionnaire d'opinion" ouvre de nouvelles perspectives. L'article expose les modalités d'élaboration et d'utilisation du "questionnaire d'opinion". Il est illustré par des exemples tirés de "l'éleveur face à son métier", premier questionnaire de ce type mis en œuvre par le Centre d'Ecopathologie.

 

Etude de la fréquence des connexions dans un réseau utilisant la télématique à propos d'une étude de l'incidence de la piroplasmose canine

Laurent (D), Desjouis (G), Coche (B), Heskia (B) & Zmirou (D)

Cette première étude sur le réseau épidémiologique VESTAL a été effectuée pour tester la faisabilité de ce système de recueil de données sur Minitel. L'étude a duré un an, de juin 1987 à mai 1988. Elle a permis de suivre la participation hebdomadaire des vétérinaires sources d'informations dans les onze départements de la zone d'enquête et ses fluctuations.

 

Réflexions sur la lutte contre les maladies animales transmissibles. Proposition d'un concept : la gestion sanitaire

Brunet (J)

Après avoir rappelé les relations existant entre les notions d'agents pathogènes et d'expression clinique des maladies, d'une part, entre les notions d'infection et de facteur de risque d'autre part, l'auteur rappelle les trois méthodes de lutte contre les maladies transmissibles : L'éradication, la vaccination généralisée, la prophylaxie environnementale. A partir d'une analyse critique des prophylaxies conduites à l'encontre des grandes maladies de l'élevage (tuberculose, fièvre aphteuse, brucellose, rage, leucose), il est proposé une réflexion sur les critères qui permettent d'adapter les moyens de lutte aux caractéristiques épidémiologiques des maladies. Ces choix doivent être situés dans un processus plus général de prise de décision raisonnée plutôt que comme conséquence d'une course de vitesse à visée commerciale. Concernant les maladies infectieuses qui font l'actualité et seront probablement les enjeux de l'élevage européen de demain (IBR, maladie des muqueuses, maedi, CAEV, affections respiratoires du porc,...), il apparaît que ce ne sont pas des zoonoses, leur épidémiologie est souvent mal connue et leur incidence économique est discutée. Il est alors proposé, par le concept de "gestion sanitaire", une approche plus modulée qui ne préjuge pas le mode de lutte à leur encontre : les statuts de troupeau indemne et de troupeau infecté doivent être reconnus comme également légitimes et les échanges commerciaux doivent se faire selon des règles de compatibilité sanitaire. Une application pratique aux espèces ovine et caprine est présentée : les limites et conséquences de la gestion sanitaire sont ainsi discutées.

 

Notion de système interactif d'aide à la décision en santé et production animale : une illustration "Schubert 3000"

Tufféry (G) & Garnerin (P)

Les principales caractéristiques des systèmes interactifs d'aide à la décision (S.I.A.D.), "Système « homme machine" qui, à travers un dialogue, permet à un demandeur d'amplifier son raisonnement dans l'identification et la résolution de problèmes mal structurés", sont évoquées. Un S.I.A.D. en production et santé piscicole, "Schubert 3000", accessible par Minitel, a été mis au point à l'aide des techniques de la télématique, de la gestion des bases de données et de l'intelligence artificielle. Ce système, qui rassemble les diverses expertises aujourd’hui rencontrées, a pour objectif de fournir aux différents professionnels du domaine les informations et les processus utiles à l'élaboration de leurs décisions. Plusieurs modules concernant la pathologie des poissons, les interventions de santé, la gestion et la production des élevages, le repeuplement, les audits de qualité ainsi que des bases de données textuelles sont dès à présent disponibles.

 

Etude cas/témoin sur la toux de chenil

Thrusfield (M)

Une étude cas/témoins a été effectuée afin de déterminer l’efficacité vaccinale contre la toux de chenil. On a choisi des cas et des témoins parmi les chiens des clientèles de vétérinaires du Royaume-Uni par simple échantillonnage aléatoire auprès des vétérinaires s’occupant de petits animaux. Les données ont été recueillies au moyen de questionnaires envoyés par la poste. On a construit un modèle logistique avec statut vaccinal vis-à-vis de divers vaccins comme variable d’explication, et la toux de chenil comme variable de réponse. Ceci a démontré que la vaccination contre Bordetella bronchiseptica et le virus para-influenza a été efficace lorsqu’elle a été utilisée en conjonction avec les vaccins canins habituels.

 

Rôle des vecteurs et des réservoirs animaux dans la persistance de la peste porcine africaine au Portugal

Louza (A-C), Boinas (F-S), Caiado (J-M), Vigario (J-D) & Hess (W-R)

Des études épidémiologiques ont été effectuées sur le rôle des vecteurs invertébrés et des sangliers dans la transmission et la persistance de la PPA. Le travail a eu comme objectifs principaux :

1- Déterminer l'importance des vecteurs invertébrés dans la persistance de la maladie ;

2- Identifier l'association éventuelle entre le vecteur infecté et la population de sangliers ;

3- Analyser les interrelations entre le sanglier et le porc domestique.

Les résultats présentés semblent indiquer que la persistance de l'infection virale dans les populations d'argasidés (Ornithodoros erraticus) est associée à l'absence de changement d'attitude des éleveurs du système de production porcine extensive. Aucune relation n'a été démontrée entre le sanglier et l'argasidé. Les résultats indiquent que le rôle du sanglier doit être considéré comme faible dans la dissémination de la maladie.

 

Observations épidémiologiques sur la fièvre catarrhale maligne du mouton (bluetongue) en Guyane française

Lancelot (R), Calvez (D), Waller (J), Kremer (M), Sanite (L) & Lefèvre (P-C)

Une enquête épidémiologique sur la bluetongue a été effectuée en Guyane de juillet 1986 à septembre 1987, comportant :

- Un suivi sérologique de troupeaux sentinelles de ruminants domestiques pour étude de la cinétique de disparition des anticorps colostraux et la détermination des périodes de séroconversion ;

- Une enquête entomologique sur les Culicoïdes pour la détermination des espèces inféodées au bétail et des fluctuations journalières et saisonnières de leur activité ;

- Des essais d'isolement du virus de la bluetongue à partir du sang de ruminants du suivi et des Culicoïdes capturés à proximité. Les anticorps colostraux ont persisté environ 3 mois ; trois pics de séroconversion ont été observés, correspondant aux trois saisons des pluies rencontrées pendant le suivi ; un virus de la bluetongue a été isolé du sang d'un bovin en juillet 1987 ; aucun virus de la bluetongue n'a été isolé à partir de Culicoïdes insignis ; les pics annuels d'activité des culicoïdes correspondaient également aux saisons des pluies et aux séroconversions ; Culicoïdes insignis s'est révélé le vecteur de la bluetongue le plus probable.

 

Diffusion par aérosols de virus porcins à tropisme respiratoire : essai de quantification en conditions expérimentales et sur le terrain

Bourgueil (R) & Vannier (P)

Des travaux épidémiologiques et virologiques récents suggèrent que le virus de la maladie d'Aujeszky se propage d'un animal à l'autre par voie aérienne. Ces résultats ont motivé un programme de recherche concernant la diffusion par aérosols de trois virus porcins à tropisme respiratoire (virus de la maladie d'Aujeszky, virus influenza et coronavirus respiratoire) entre élevages. Cette étude vise à prouver la réalité de ce phénomène dans les conditions du terrain et à établir, comme cela l'a été pour le virus de la fièvre aphteuse, un modèle de prédiction numérique de la multiplication des foyers d'infection dus à ces virus dans des zones à risque. Pour cela, deux types de cyclones, permettant la capture de virus aéroportés en milieu clos et en plein-air, ont été construits spécialement pour cette étude. Les prélèvements issus de chacun des appareils doivent être traités et concentrés au laboratoire avant d'effectuer une recherche virale. La mise au point des techniques de laboratoire a constitué la première étape de ce travail, la seconde a concerné la mise en place des protocoles de prélèvement d'air en plein-air, incluant le recensement des facteurs météorologiques et liés aux bâtiments d'élevage qui favoriseraient ce mode de diffusion.

 

Infection par le virus de la maladie d'Aujeszky en porcherie d'engraissement et en milieu vacciné. Résultats de trois études épidémiologiques

Vannier (P), Eloit (M) & Toma (B)

La diffusion et la persistance du virus de la maladie d'Aujeszky (M.A.) en porcherie d'engraissement constituent les obstacles majeurs qu'il est nécessaire de prendre en considération pour acquérir une certaine maîtrise d'un plan de lutte contre la M.A. dans une région considérée. Peu de données sont disponibles sur la diffusion du virus de la M.A. en milieu vacciné et dans des élevages dans lesquels la totalité des porcs sont vaccinés systématiquement. Des enquêtes épidémiologiques ont été réalisées dans les élevages de deux départements de Bretagne afin d'obtenir les informations préliminaires sur la présence du virus alors qu'une prophylaxie médicale a été mise en place depuis plusieurs mois. De plus, une étude de la persistance du virus de la maladie d'Aujeszky dans des bandes successives de porcs charcutiers de deux élevages naisseurs-engraisseurs a été entreprise. Il a été montré que le virus de la M.A. diffuse dans ces zones dans lesquelles la vaccination est largement pratiquée. En revanche, si dans un des deux élevages étudiés, le virus ne persistait plus en porcherie d'engraissement, il persistait toujours cinq mois après l'infection dans l'autre. Ces études ne permettent pas de détecter les facteurs impliqués dans la persistance de l'infection mais soulignent la nécessité de prendre en considération ces données dans le cadre d'un plan de lutte contre la maladie d'Aujeszky.